26.01.2006

Résolution

Elle a connu des sommets de souffrance, Sibylle. Ce n'est pas la première fois. Ni la dernière, sans doute. Chaque fois pourtant, la douleur fraîche semble plus vive que celle qui a précédé. Et pourtant, elle sait bien, Sibylle, que tout va en s'estompant.

Mais là, elle est devant un choix. S'y complaire, s'y vautrer. S'en faire un joli petit costume qui lui donnera un air mystérieux… Et oublier que la vie est rose. Traîner partout son blues et sa tristesse. Seriner auprès de ses amis la rengaine du manque de ses bras, l'humiliation cuisante de mensonge et de la traîtrise. Se plaindre sans cesse et finir par ennuyer tout le monde.

Allons donc, est-ce bien sérieux ? Est-ce sa destinée ? Pourquoi s'enfermer dans le malheur quand on a du talent pour le bonheur ? Allez, du nerf, tourner la page. Demain !

23.01.2006

Madame Psypsy

Elle est là, du vendredi au dimanche, le sourire accroché haut, le dynamisme en bandoulière. Sur son petit "bureau", le plateau à piécettes côtoie les bonbons qu'elle offre en guise de douceur. On vient là pour se soulager, c'est une évidence. La vessie n'est pas la seule concernée.

Il y a cette dame charmante, entichée du préposé au parking. En quelques mots chaleureux, l'hôtesse des lieux explique qu'il n'est pas libre. Que de surcroît, sa légitime est adorable, elle aussi. Et d'encourager la belle à mettre les choses au clair, pour éviter que le cœur ne s'emballe avant de déraper.

Il y a cette femme meurtrie, descendue tout expressément confier son bonheur tout neuf à l'oreille attentive. La vie vient de lui faire un cadeau sous la forme d'un homme fort, tendre et drôle. Elle se réjouit, l'accueillante, de voir les petits kilos du bonheur orner harmonieusement la frêle silhouette.

Il y a cette autre femme qui a rompu… Pour la énième fois. Le pourquoi, le quand et le comment s'amoncèlent aux côtés de la coupelle. Les mots d'encouragement accompagnent les douceurs.

Il y a cet élégant octogénaire qui vient se confier en pleurant. Il l'aime tant, sa douce. Et il en souffre. Vous ne lui direz rien ?, demandera-t-il en remontant dignement dans la salle où elle l'attend.

Les bleus à l'âme s'étalent, s'écoulent dans le lavabo. Elle est là, les éponge, les absorbe. Qu'en fait-elle ensuite ? Qui donc s'en soucie, la vessie et l'âme désormais soulagées ? Elle est là, du vendredi au dimanche, les écoute, les fait rire. Mais elle, rit-elle ?

Cette fenêtre là

Cette fenêtre là est haute. Quand je me mets sur la pointe des pieds, mon menton se pose sur la tablette écaillée et mon regard peut plonger dans le jardin de mon grand-père, jonché des branches centenaires du noyer désormais débité. Plus tard, les rondins deviendront tables, tabourets. Pour l'heure, il est dévasté, le jardin dont mon grand-père prend un soin jaloux.

C'était un papy-conteur. Pour nous faire manger, il racontait des histoires de bachibouzouks enragés, de crocodiles menaçant de dévorer tout crus les enfants qui ne buvaient pas leur soupe. C'était aussi, parfois, un enfant devenu tellement petit à force d'inanition, que son père le prenant pour un clou avait tenté de l'enfoncer dans le mur à coups de marteau sur la tête. On redemandait toujours ces histoires qui nous faisaient à la fois rire et frémir.

Plus tard, j'ai su que papy n'était pas seulement ce conteur affable. S'il faisait volontiers rêver les petites filles, ce misogyne ne pensait pas une femme capable de grandes choses. Je ne suis pas sûre qu'il eût entretenu et nourri mes rêves d'enfant pour que j'en fasse des réalités.

Cette fenêtre là n'est ni particulièrement haute, ni précisément large. Dans les rêves, tout peut arriver. Ainsi, mon petit frère de trois ans s'y est hissé et a basculé. Tentant de le rattraper, ma sœur cadette est tombée à sa suite. Ensuite ma puînée. Ma mère et mon père aussi. Tous ont traversé le hublot de plexiglas et gisent à présent dans le frigo où le laitier du rez-de-chaussée entrepose lait, beurre et œufs. Je me réveille en hurlant de terreur.

Mes parents ont eu quatre enfants. Cinq petites années me séparent de mon frère cadet. Deux fois par semaine, nous allions tous ensemble à la bibliothèque paroissiale. Le dimanche après-midi, l'appartement bruissait des pages tournées religieusement. Le soir venu, nous attendions le mercredi avec impatience afin de refaire le plein de lecture. Nous formions une famille d'ogres-lecteurs.

Cette fenêtre là a deux battants et monte jusqu'au plafond. J'aperçois le saule pleureur et ses branches accueillantes. Quand je serai grande, je m'y installerai pour faire l'amour avec l'homme de ma vie. S'il se présente. Pour l'heure, je fais signe au petit merle recueilli de rejoindre sa mère qui l'appelle en-bas, dans le jardin.

Le seuil de la maison de la Place Albert 1er était le lieu de ralliement des adolescents du quartier. Tous ou presque avaient qui une mobylette, qui une moto 50 CC, moteur deux ou quatre temps. Il m'arrivait d'emprunter un casque à l'un pour monter derrière l'autre et filer avec lui vers le lac de Genval. Il y avait là une petite cabane de pêcheur. Je ne sais comment Philippe parvenait à y entrer. Il obtenait tout ce qu'il voulait. C'était un garçon attrape-cœurs.

Cette fenêtre là s'ouvre à la manière d'un "Velux". Elle dispense une lumière propice à la croissance des plantes tombantes que j'ai accrochées dans mes jolis macramés.

J'ai partagé un temps la chambre de mon adolescence avec une amie. Ses parents avaient des difficultés avec elle et ma mère, une femme gentille et généreuse, avait accepté que Fabienne vive avec nous et reprenne ses études avec moi. Je ne pense pas avoir eu d'influence positive sur elle. J'aurais peut-être fait d'autres bêtises sans elle. Si elle était vénéneuse, sans conteste, Faby était une femme-fleur.

Cette fenêtre là est un véritable "Velux". Elle offre une issue pour l'évasion de mon esprit quand les syllabi ne sont plus que succession de caractères typographiques sans signification.

Dans cette petite ville de province, étudiants et profs se croisaient parfois, le soir, dans les cafés de la Grand-Place. Y naissaient alors de nouvelles relations où l'apprentissage portait sur bien d'autres choses que les relations internationales, la sociologie ou l'histoire de l'art. Les uns jouaient de leur prestige professionnel pour établir leur pouvoir, les autres usaient de leur jeunesse et de leurs charmes pour se donner l'illusion de puissance. Dans cette parade, nul n'aurait pu dire qui manipulait qui, tous étaient des séducteurs-joueurs.

Cette fenêtre là est aussi large que la salle à manger. Ma fille se tient debout sur la tablette, le nez et les menottes collés au carreau. En bas, le va et vient incessant des navetteurs, des fonctionnaires et des habitants du quartier accompagne les klaxons tonitruants. Plus tard, elle empruntera cette rue pour, de la Gare du Midi, partir où l'emmènera son envie. Pour l'heure, je la tiens fermement afin qu'elle ne bascule.

Bruxelles trépignait alors dans ce quartier populaire. Jeune mère, je m'y fondais avec bonheur. Un homme, un bébé, un boulot, un toit, des amis… La vie sans questions, la vie sans douleurs.

Cette fenêtre là s'ouvre grand sur la rue, les espoirs. Ce soir, derrière les tentures fermées, je guette le retour de l'homme qui m'a quittée.

17.01.2006

Marie-Pierre

Sibylle ? Un paradoxe vivant ! Nous sommes collègues depuis trois ans, nous partageons le même bureau. Pourquoi un paradoxe ? Ohlala, à de nombreux points de vue. C'est un étrange mélange d'assertivité et de manque total de confiance en soi. Elle est capable de vous affirmer des théories (farfelues ou sensées, selon le cas) avec un aplomb inouï, de faire passer des idées folles dans une assemblée… Et, en même temps, elle cherche toujours l'approbation, elle ne semble jamais sûre ni de la pertinence de son propos, ni de ce qu'elle écrit.

Elle me fait penser à une petite chèvre qui saute dans tous les sens, fonce sans réfléchir… Et file parfois droit vers le ravin. C'est épuisant ! Personnellement, je suis très organisée. Tout le contraire de Sibylle. Et la voir à l'œuvre me stresse énormément. J'ai l'impression qu'elle ne mesure pas toute l'étendue des responsabilités qu'implique le fait de s'engager dans un projet donné. Oh, bien sûr, elle s'en sort généralement, même quand elle fait les choses à la dernière minute. C'est d'ailleurs surprenant. Je crois que ça vient de la sympathie qu'elle suscite. Quand elle s'approche trop du bord du ravin, il y a toujours quelqu'un pour la retenir !

Trop tôt

Il est parti trop tôt… Le jardin, engourdi dans une hibernation passagère pourrait bien s'y morfondre plus longtemps que prévu. Il avait parlé de tailler la haie, de planter un peu de tout… Mais il est parti trop tôt.

La lampe des WC n'est toujours pas fixée. Les murs nus du couloir impriment un air de tristesse à ce qui devait être un foyer d'amour fou et doux. Les projets d'étagères ne se sont jamais accrochés. Il est parti trop tôt.

Sibylle s'était toujours montrée indépendante. Elle adorait monter sur une échelle, forer deux trois trous dans le plafond, quatre ou cinq quand elle ratait son coup… Elle savait clouer, visser, fixer, réparer… Jusqu'au jour où elle a réalisé qu'elle n'avait rien à prouver et que les hommes aiment se sentir utiles à ces tâches si peu "féminines". Plus encore, qu'ils en ont besoin ! Elle l'a réalisé trop tard. A moins… Qu'il ne soit parti trop tôt ?

15.01.2006

L' "expert"

Sibylle, vous dites. Oui, en effet, je me souviens d'elle. Insignifiante, pourtant. Mais j'ai une excelleeeeeente mémoire ! Ni bonne ni mauvaise étudiante, en fait. Elle a fait son mémoire sur une association parlementaire pour la coopération euro-arabe. Forcément, j'en ai été le promoteur. Vous savez, je suis LE spécialiste des questions proche-orientales. C'est à moi que font appel TOUS les journalistes qui traitent ces questions quand l'actualité le requiert. Personne ne connaît ces questions mieux que moi. Je suis TRES sollicité. Enfin…

Sibylle avait une amie, si mes souvenirs sont bons. Diane ! Ça c'était de la femme ! Une belle grande blonde racée. Un peu coincée sans doute, mais vraiment très belle. Je l'avais invitée à jouer au tennis avec moi, mais elle s'est toujours défilée. J'ai également été le promoteur de son mémoire de fin d'études. Elle a dû s'y reprendre à deux fois… Ce qui m'a permis de la revoir quelques fois dans mon bureau.

Le garagiste

Sybille comment, vous dites ? Heu… Je ne vois pas. Ah si, attendez, une petite madame toujours pressée. Elle appelle toujours au dernier moment quand il faut faire des réparations à se voiture. Notez, très souriante, hein. Pas le genre qui exige que tout tout de suite. Ceci dit, c'est pas nécessaire. Les clientes comme elle, on apprécie.

Les entretiens, les préparations au contrôle technique… Elle vient régulièrement. Bon, parfois elle roule un peu trop longtemps et sa voiture loupe un entretien, mais bon…

La dernière fois que je l'ai vue, elle est passée en coup de vent, juste avant la fermeture de l'atelier. Une histoire d'essuie-glace cassé. En fait, il s'était simplement détaché. Le mécanicien a réparé ça en deux minutes vingt-trois secondes. Je ne lui ai pas fait payer, évidemment ! C'est toujours gai de faire plaisir à une jeune et jolie dame !

Marlies

Sibylle ? Oh, nous nous sommes connues à l'univ, elle et moi. Nous venions toutes deux d'une autre fac et nous nous sommes retrouvées en relations internationales. Il y avait Muriel, également. Elle venait de l'Université libre de Bruxelles où elle avait fait des candis en linguistique. Les langues slaves, je crois. Sibylle, elle, a fait commu, avant. Et moi, philo. C'est drôle, quand on y pense, que nous nous soyons rencontrées, précisément, avec nos parcours si différents.

Enfin, bref, entre nous, ça a directement "clopé" comme on dit en Belgique. C'est Sibylle, en fait, qui a fait le lien. Déformation professionnelle, sans doute. Elle nous a immédiatement adoptées, Muriel et moi. Un véritable agent de liaison, Sibylle. Pendant les intercours, on allait boire un verre par-ci par-là. Papoter, rire, refaire le monde. Un chouette trio, en fait.

Et puis, je suis partie vivre à Paris, avec mon ami qui y avait trouvé un travail. Comme ingénieur. Muriel est partie travailler au Brésil pour une agence onusienne qui s'occupe de développement par et pour les femmes. Et Sibylle a fait un enfant. On a eu vraiment peur, Muriel et moi. La petite est née deux mois trop tôt, juste la veille du départ de Muriel. Elle faisait à peine un kilo. Muriel m'a demandé de veiller sur Sibylle. Mais Bruxelles – Paris, c'est pas non plus un saut de puce. Nous étions vraiment inquiètes. Finalement, la petite s'en est bien sortie. Très même. Elle doit avoir douze ans, à présent. On n'imaginerait jamais que c'est une petite préma. Elle est petite, bien sûr, mais ni son père ni sa mère ne sont grands. C'est clair, comme dit toujours Sibylle, "les nains n'engendrent pas les géants".

14.01.2006

Lettre à l'amer

J'en crève ! Je ne pensais pas que ce serait si dur. Ne plus te voir, ne plus t'entendre, ne plus te serrer dans mes bras.

Mais crève, seulement ! Que crois-tu ? Que je vais te plaindre ? Te consoler ? Et tes bras, tu t'imagines qu'ils me manquent ? Va te faire foutre, salaud !

Je sais que c'est moi qui ai choisi. Je n'ai pas eu le courage de quitter ma famille. Je voulais donner une dernière chance à mon mariage. Essayer encore une fois. Je suis désolé, Sibylle. Je sais que tu dois être très déçue. Je ne voulais pas te faire de mal.

Oh non, bien sûr. Tu n'as pas songé un instant que tu pourrais me faire mal. Mentir, c'est pas grave ! Tricher non plus. Faire des promesses et ne pas les tenir… Quelle importance ?! De toute façon, ce qui compte, c'est toi, non ? C'est pas ce que te répétait sans cesse ta psy ? "Songez d'abord à vous. A ce qui est le mieux pour vous". Même ta femme est une victime de ton incapacité à choisir, à assumer l'inévitable renoncement de tout choix. Tant pis pour elle si elle aime être ton yo-yo. Moi j'ai coupé le fil !

Nous allons chez la psy un samedi sur deux. Ma femme fait beaucoup d'efforts et est très gentille avec moi. Pourtant, nos rapports ne décollent pas. Je pense sans cesse à toi. Les week-ends sont interminables et je m'ennuie.

Ouais ouais ouais… C'est ce que tu m'as seriné pendant plus de deux ans. Tu radotes ! Mais tu es bien retourné au domicile conjugal parce qu'ELLE te manquait, non ? Alors, vous reconstruisez une belle histoire sur les ruines fumantes de quinze années de "bonheur" ? De toute façon, je m'en fous. Grand bien vous fasse.

Ma seule consolation est de voir que les enfants sont redevenus calmes et souriants. Enfin, calmes… Façon de parler. Ils font des bêtises, bien sûr. Ce sont des petits garçons turbulents, mais si gentils. Ils sont ma fierté. Tu les aurais aimés si tu les avais connus.

Sans doute. Et alors ? Qu'est-ce que ça change ? Les filles, elles, ne me parlent jamais de toi. Elles ont trop peur de me voir pleurer. T'as été très léger sur ce coup-là aussi.

Et toi ? M'as-tu déjà oublié ? Pas un mot de toi, pas un sms, pas un courriel… Avec quelle facilité tu m'as rayé de ta vie ! M'as-tu seulement jamais aimé ?

Connard !

Je t'aimais, moi, Sibylle. Comme un fou. Le sais-tu seulement ? J'en crève de ne pas avoir de tes nouvelles. Mais je ne suis pas pressé de ne plus souffrir, je ne suis pas pressé de t'oublier.

Moi, je m'y emploie de toutes mes forces, à t'oublier. Si je ne retiens qu'une chose, c'est la leçon que tu m'as infligée : Ne jamais s'aveugler obstinément, ne pas idéaliser. Merci… Et ciao !

13.01.2006

Sans plus attendre

Elle est arrivée ce matin. Sibylle ne l'attendait plus. Comme chaque jour, elle a bu son café noir. Ni lait, ni sucre. Pas de chocolat non plus. La tendre douceur n'accompagne plus l'amertume du breuvage. Le café noir remplit l'estomac… Et l'esprit qu'il faut bien occuper. Elle a rangé la tasse au sommet du frigo où la vaisselle s'accumule lentement dans l'attente d'une pulsion ménagère. Quatre tasses côtoient trois bols. Un presque vide qui ne comble aucune absence. Juste un vide. Un zeste d'indifférence patiemment construite. Apathie.

La nuit a été de plomb. Depuis la fermeture de son livre, qu'elle lit distraitement chaque soir à compte pages, jusqu'à la sonnerie du réveil à six heures 22, ses paupière n'ont pas cillé. De ses rêves il ne reste rien. Quelque part, enfoui et flou, un vague à l'âme qu'elle nie avec un peu plus de talent chaque matin. Amertume.

Avant de fermer livre et yeux, elle a encore pleuré. Peu. L'habitude et le manque de ses bras, de sa force teintée de tendresse. Elle se couche plus tôt chaque soir, tente de se mettre en mode "off". Anesthésie.

Il y a eu quelques sanglots retenus, de petits sourires ébauchés pour ne pas inquiéter ses princesses à antennes. Ce soir-là, des sanglots moins profonds, des sourires plus vrais. Chaque jour une peine plus discrète. Ne pas la cultiver. Juste la respecter, l'observer avec indulgence. Et progressivement l'enfouir dans un recoin secret, bien scellé. Réclusion.

Les jours sont lents et lourds. Rythmés par les obligations. Tenir. Maternité, ménage, travail obligent. Tenir. Profiter des trajets en voiture pour lâcher les vannes. Pleurer, pleurer, pleurer. Tenir. Une litanie dans un corps éteint. La bile pour huiler les rouages. Le cœur sec. Les yeux brûlants. Tenir. Désespoir.

Les cris longs et désespérés, silencieux parfois, ont laissé la place au vide. Un nom, des centaines de pourquoi… Longtemps elle a attendu une lettre pour y trouver des réponses. Inutiles, sans doute. Un petit fil pour se raccrocher encore. L'envie d'appeler, de plaider, de supplier. Pathos.

Contre toute raison, longtemps Sibylle a attendu une lettre. Elle est arrivée ce matin.

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