28.02.2006
Caroline
Sibylle ? Vous désirez que je vous parle de Sibylle ? Ecoutez, j'espère que vous avez le temps. Il y a tant de choses à dire. J'en parle souvent avec nos amies communes. Nous sommes quelques-unes à nous rencontrer à l'occasion. Boulot, atelier d'écriture, sauna, soirées "nanas" ("avec" ou "sans cerveau", d'ailleurs)…
Quoi ? Vous voulez que je vous explique ? Ben, le concept est simple. Le souper "nanas" est un souper nanas traditionnel. On y trouve que des potines, les zamoureux sont priés d'organiser leur soirée ailleurs, et les nanas papotent en mangeant des tas de choses délicieuses qu'elles ont préparées. Dans le souper "nanas avec un cerveau chacune", le concept est un peu plus élaboré. C'est normal, c'est Milady qui l'a inventé. Et Milady déborde d'imagination et de créativité ! Donc, dans le souper "nanas avec un cerveau chacune", c'est à nouveau des potines qui se réunissent (parfois, d'ailleurs, elles ne sont même pas "potines", elles font connaissance au fil de la soirée), qui mangent des choses délicieuses qu'elles ont préparées, les zamoureux sont toujours rigoureusement exclus des lieux, mais, en plus des délices prévus pour la bouche, chacune d'entre ces nanas "cervélées" a apporté une lecture et une musique qu'elle a envie de faire découvrir aux autres. C'est très gai. On mange, on boit, on lit, on écoute de la musique, on papote, on fume… Bref, on s'amuse et on s'aime tout en semant… Peter dirait "on sème tout en s'aimant". Mais Peter n'est jamais invité, bien sûr ! D'ailleurs, heu, Peter n'est ni mon amoureux, ni celui de Sibylle, hein. N'allez pas vous faire des idées !
Pour en revenir à Sibylle, justement, à ces soirées "nanas avec un cerveau chacune", elle a toujours prévu quelque chose à manger (c'est généralement très savoureux… et souvent chocolaté… elle adore le chocolat !), mais soit elle n'a pas eu le temps de choisir un livre à partager avec nous, soit, pire !, elle a oublié le CD dans le lecteur et est venue avec un boîtier vide… Enfin, vous comprendrez qu'elle est pleine de bonnes intentions, mais qu'elle est un peu distraite… Et peu organisée.
C'est drôle, d'ailleurs. Figurez-vous que dans le CV qu'elle avait envoyé quand elle a postulé pour le job qu'elle occupe actuellement (elle coordonne la rédaction d'une revue éditée par un centre culturel), elle avait placé trois "atouts" sous forme de petites cartes, des as de pique, de cœur et de trèfle, si mes souvenirs sont bons. Chacun de ces "atouts" représentait une de ses "qualités". Et l'une d'elles, je vous le donne en mille, était "le sens de l'organisation"… Nous rions encore chaque fois que nous évoquons l'anecdote. Pour être claire, Sibylle est tout sauf "organisée".
Par contre, elle a un véritable talent pour l'improvisation. Elle le doit à son immense capacité d'adaptation. Elle est capable de gentillesse et d'empathie avec n'importe qui, quel que soit le milieu dans lequel elle se trouve. Son aplomb parfois me sidère. Par exemple, elle n'hésite pas à "vendre" littéralement ses amies écrivaines. Elle est du genre à envoyer un courriel à la responsable d'une émission radiophonique qu'elle ne connaît pas, juste parce qu'elle est persuadée que son amie conviendrait parfaitement au type d'émissions en question. Elle est assez culottée, dans son genre. Et elle fait ça avec tant de naturel que personne ne s'offusque. En fait, elle s'est improvisée "attachée de presse" pour ses amies.
Bref, Sibylle adore communiquer. Quand elle aime quelqu'un elle ne peut s'empêcher de jouer les agents de liaison entre cette personne et ses autres amis. Elle est très fidèle en amitié. En amour aussi.
22:44 Publié dans Carnet d'adresses égaré | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Sarah
Sibylle ? C'est ma petite Maya à moi. Une petite abeille ronronnante qui rêve en écoutant s'écouler le temps. Avec elle "je serais" et autres "nous deviendrons" ne doivent même pas se concrétiser. Rêver lui suffit. Ses projets rocambolesques ne lui servent qu'à ça. Rêver. Elle se contente d'être heureuse en pointillés, à temps partiel. Le pire, c'est qu'elle zappe les instants où elle risque de prendre conscience que ce n'est pas du bonheur. Son subconscient dresse avec talent une petite barrière qui l'empêche de regarder la vérité en face. A ces moments-là, ce n'est plus une abeille, juste une autruche. Vous me trouverez dure, sans doute, et pourtant, soyez sûr que je l'aime, Sibylle. Mais ça me fait si mal de la voir s'aveugler presque sciemment. De la voir idéaliser des gens qui ne méritent pas son amour… Et attendre le bonheur au lieu d'aller le cueillir où il se trouve.
20:54 Publié dans Carnet d'adresses égaré | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
21.02.2006
Fêlé
Fêlé, je le décrirais comme fêlé. Pas un foldingue, ni même un doux dingue. Non, tout simplement fêlé. De ses fêlures suinte une colère sourde, inexpliquée, sinon inexplicable.
Lorsque je l'ai connu, il y a quelque vingt ans, il en avait dix-sept, moi seize. A l'époque, toute préoccupée de mon nombril, je n'avais pas remarqué cette colère. En fait, je le trouvais même enjoué, séducteur. Il l'est toujours d'ailleurs. Séducteur. J'aimais qu'il m'aime, qu'il me regarde intensément, comme s'il voulait m'absorber. Dans ses yeux gris vert, je me découvrais femme, alors que je n'étais qu'une gamine.
A l'époque donc, je le décrivais comme nihiliste. Je n'avais pas détecté la colère. Je ne voyais que de la provocation. Lui se disait anarchiste. Moi je n'aimais pas cette anarchie érigée en règle, en système.
Aujourd'hui, les fêlures sont plus profondes, plus apparentes. Ou alors, est-ce moi qui suis moins candide ? Elles suintent toujours de colère. Elles éloignent ses amis, sa famille.
A présent je sais. Je connais l'explication, l'origine de ces fêlures, de ses fêlures. Il y a trente ans environ, un coup de feu les a gravées à jamais. En explosant la tête de son père, la balle a tracé les sillons de la colère. Depuis, ils suintent.
21:59 Publié dans Croqueur-croqueuse | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
06.02.2006
Tuer le prince ?
Il est revenu. C'était écrit. Prévisible. Tout le monde l'aurait parié. Sibylle avait dit Plus jamais ! Qu'il aille se faire foutre ! Cet idiot ne me mérite pas ! Qu'il retourne à ses peurs, ses frustrations… Sa femme. Et, surtout, qu'il me fiche la paix ! Je ne répondrai à aucun de ses messages. Ni courriels, ni sms, ni appels téléphoniques. Silence ! Tout ça avec rage, désespoir et points d'exclamation.
Et il est revenu. Envoyant des sms d'amour, de désespoir, des messages méchants et revanchards, parfois, histoire de la faire réagir. Elle a résisté… Un peu. Quand la provocation était trop grande. Elle a résisté. Si peu. Elle l'aime.
Elle l'aime, Sibylle. Et elle se laisse glisser à nouveau, avec langueur, dans ce doux besoin d'idéaliser. Elle l'aime, aussi "imparfait" soit-il. Elle a découvert quelques principes d'amour zen, Sibylle. Alors, elle s'y essaye. Pourquoi s'entêter à le décrire comme puéril, couard et égoïste ? Peut-on changer les autres ? N'est-ce pas vain et illusoire de le tenter ? Une maxime zen propose de chercher ce que l'on n'aime pas de soi-même dans l'autre. Et elle y songe, sans arrêt. Serait-elle, elle aussi, puérile, lâche et égoïste ?
Peu importe, en fait. Elle l'aime. Chaque instant passé en sa compagnie est délicieux de rires, de conversations chuchotées. Badines, sérieuses, philosophiques ou amoureuses. Chaque moment est magique. Et c'est ça aussi, être zen. Goûter, ici et maintenant, les joies de l'instant. Et s'il est magique au sens féerique du terme, elle ne se précipitera pas pour "tuer le prince", Sibylle. Elle aime tant se sentir fée dans ses bras !
23:33 Publié dans Couleur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

