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<title>La vie en rose... Avec opiniâtreté - croqueur-croqueuse</title>
<description>La vie en rose... Avec opiniâtreté</description>
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<title>Au-delà des apparences</title>
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<author>noreply@blogspirit.com (Caro La vie en rose)</author>
<category>Croqueur-croqueuse</category>
<pubDate>Thu, 08 Nov 2007 12:02:40 +0100</pubDate>
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Marc et Sophie forment un très joli couple. Ils sont beaux, sympathiques, intelligents… On les apprécie beaucoup dans leur entourage professionnel et amical. Lui est cadre commercial, elle enseigne dans un lycée huppé. Histoire, français et religion. Marc a 35 ans, Sophie en a 32. Il a un corps d’athlète, elle est mince et d’apparence fragile. Ils n’ont pas d’enfants et n’y songent pas vraiment. De temps en temps, ils en parlent, mais aucun d’eux n’en ressent l’urgence biologique. Pour l’instant, leur vie leur va comme un gant. Ils ont acheté une jolie villa dans la banlieue cossue de Verviers et partent en vacances deux fois par an. La montagne pendant les congés de carnaval, un pays chaud en été. Ils ont déjà fait la Grèce, la Sicile, l’Espagne, Venise pour leur voyage de noces, la Sardaigne, le Maroc, la Tunisie. Dans deux mois, ils s’offriront quelque chose de plus original. Un Safari au Kenya ! Ils sont particulièrement excités et cela fait le principal sujet de conversation avec les amis qu’ils reçoivent aujourd’hui pour le premier barbecue de l’année.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jérôme et Sylvie connaissent toutes les destinations lointaines. Aujourd’hui, ils se sont casés dans une situation confortable après des années d’exil comme coopérants. L’Inde, la Pakistan, le Brésil, le Mozambique… sont autant de souvenirs qu’ils partagent volontiers, mais sans réelle nostalgie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patricia et André n’ont jamais visité ces pays. De temps en temps, ils passent quelques jours à la mer, dans le studio de Jeannine, la mère de Patricia. Ils dorment sur le divan-lit et leurs jumeaux de 5 ans occupent les lits superposés qu’une cloison minuscule sépare du séjour. C’est tout ce que de maigres revenus leur permettent. André est au chômage depuis qu’il a été viré sans ménagement de la boîte dans laquelle bosse Marc. Sa tête ne revenait pas au responsable des ressources humaines. Allez savoir pourquoi. Il a reçu une bonne indemnité, mais la boîte d’outplacement dont il a eu les services pendant six mois n’a pas réussi à lui faire surmonter le choc de ce licenciement. Depuis, il gamberge beaucoup, pleure souvent et boit sans soif les bons vins que Marc propose. De son côté, Patricia, enseignante dans le même lycée que Sophie, semble garder le moral. Elle est toujours souriante et enjouée. À croire que la misère du monde est transparente à ses yeux. Son optimisme béat agace souvent les amis, mais personne ne s’est jamais risqué à briser ses illusions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir l’ambiance est chaleureuse. On croirait déjà entendre battre le pouls de la savane africaine. Le rosé coule à flot. Même Sophie qui n’est pas trop portée sur le vin a descendu quelques verres. Elle est carrément pompette ce soir et ose d’étranges déclarations. Personne ne s’en offusque. Elle est plutôt rigolote. À l’heure de se quitter, on se dit que, décidément, ils ont bien de la chance, Marc et Sophie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois la vaisselle rangée dans le lave-vaisselle, les déchets promptement triés, les dents lavées et les yeux démaquillés, Sophie rejoint Marc dans la chambre. Elle a dans le regard une lueur lubrique que Marc ne lui connaît pas. Au pied du lit, sans quitter Marc des yeux, Sophie fait glisser les fines bretelles de sa robe blanche sur ses épaules. Puis, tirant doucement sur le bas de sa robe, elle la fait coulisser lentement, dénudant progressivement le buste, puis la taille, la chute des reins qu’elle laisse admirer se penchant légèrement et en tournant doucement sur elle-même. Ébahi, Marc réalise qu’elle ne porte pas de culotte ! Enfin nue, Sophie rampe sous la couette telle une chatte à l’affût d’une souris. Marc est particulièrement surpris quand il sent les mains de Sophie saisir l’élastique de son boxer et le descendre fermement le long de ses cuisses. Il l’est plus encore quand les deux mains se rejoignent pour former un doux cylindre autour de sa verge érigée. Sophie alterne petits coups de langue légers et passage d’une main douce en coupole sur le gland. Marc explose littéralement quand elle enfonce son sexe profondément dans sa gorge. Jamais jusque là Sophie n’avait pratiqué de fellation. Ce soir, sa gourmandise semble insatiable. Le rosé a des effets inattendus que Marc se promet de réutiliser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La seule fois où Marc avait tenté d’obtenir cette faveur en dirigeant la tête de Sophie vers son pénis, Sophie s’était brutalement écartée et complètement raidie. Ce soir là, ils n’avaient pas fait l’amour. Sophie avait éteint la lumière en baillant bruyamment et Marc était allé se branler dans la salle de bain dès qu’elle s’était endormie. Ils n’avaient jamais parlé de cet épisode et Marc en avait définitivement conclu que cette pratique était prohibée au sein de leur couple. Celle-là et bien d’autres qui nourrissaient ses fantasmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marc aime énormément Sophie. Il partage avec elle le goût des longues conversations entre amis, le plaisir des soirées ciné ou resto… De temps en temps, ils font l’amour, sagement, sans grande passion. C’est toujours lui qui prend l’initiative et Sophie ne se refuse qu’exceptionnellement. Leurs rapports sont harmonieux et satisfaisants. Du moins, jamais ni l’un ni l’autre n’a laissé entendre qu’il souhaiterait introduire un peu de fantaisie dans leur relation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, Marc a des désirs précis et impérieux. Comme il ne se sent pas le droit de demander à Sophie de les satisfaire, de peur qu’elle ne le prenne pour un gros dégueulasse, il hante les sites web qui offrent photos érotiques ou pornographiques et possibilités de rencontres. Un site lui plaît particulièrement. Sur www.fantasmons-nous.org, il peut à loisir draguer des femmes qui sont là pour ça. La plupart des échanges sont virtuels, mais parfois ils débouchent sur de véritables rendez-vous. Dans ces moments-là, Marc n’est jamais déçu. Il fait toujours précéder les rencontres de longs messages destinés à la découverte mutuelle et ne poursuit que les échanges qui allient recherche du plaisir sensuel et joutes intellectuelles. Marc élimine très vite celles qui confondent le site avec un trottoir où tapiner en dilettantes. Il repère vite les femmes qui cherchent réellement à assouvir des fantasmes. Il est d’ailleurs parfaitement prêt à les satisfaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand le désir est bien là, que toutes les promesses ont été faites, vient l’instant du rendez-vous. Marc a pris ses habitudes dans un petit hôtel discret, à quelques kilomètres de l’autoroute Liège – Maastricht. De temps à autres, prétextant un rendez-vous professionnel, il s’absente pour une après-midi entière. Galant, il invite toujours la belle à manger. Qu’elle soit belle ou non, d’ailleurs. Blonde ou brune, petite ou grande, ronde ou mince, jeune ou vieille… Peu lui importe. Dans ces rencontres, il privilégie absolument la confrontation des fantasmes. Parfois c’est sa complice qui donne le ton, parfois c’est lui. Jamais un scénario n’a ressemblé au précédent. Une seule fois, il a choisi de revoir sa partenaire occasionnelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Isabelle, une blonde diaphane jeune et très classe, était arrivée avant lui sur l’aire d’autoroute où le rendez-vous avait été fixé. Elle portait une robe noire fluide avec de fines bretelles soulignant des épaules parfaites. Des sandales noires à fines lanières de cuir et de satin formaient un magnifique écrin pour ses petits pieds charmants que Marc eut immédiatement envie de lécher et suçoter, orteil par orteil. Le regard vert d’Isabelle était tout proprement captivant. Elle semblait aller puiser directement dans celui de Marc ses pensées les plus intimes. Pour la première fois, Marc rougit. Quand il se pencha pour lui faire la bise, elle eut un petit mouvement de la tête qui dégagea sa nuque où Marc posa ses lèvres. Il sentit immédiatement qu’elle tiendrait les rennes avec une douce fermeté. Quand ils arrivèrent à l’hôtel et qu’il lui ouvrit la portière, Marc faillit s’évanouir quand Isabelle posa le pied droit sur le trottoir. Il venait d’apercevoir distinctement son minou nu, qu’une toison blonde décorait d’un trait parfaitement maîtrisé. Le regard d’Isabelle indiquait clairement que rien n’était dû au hasard. Elle jubilait de l’effet produit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au restaurant, Marc s’étonna de voir avec quel appétit Isabelle mangeait chaque mets. Le mélange de délicatesse et de gourmandise augurait des délices à venir. Marc fit des efforts surhumains pour freiner son impatience. Heureusement, la conversation d’Isabelle était enjouée et agréable. Elle parlait du quotidien dans la petite maison d’édition qui l’employait avec beaucoup d’humour et un soupçon d’allusions coquines. Cette nana-là, c’était de la bombe sous des dehors de demoiselle sage, comme il faut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la chambre 7, la préférée de Marc, Isabelle alla s’asseoir dans le petit fauteuil tendu de soie sauvage. En relevant légèrement le bas de sa robe pour dégager ses très jolis genoux, elle demanda que Marc fasse apporter du Champagne. Quand la bouteille arriva, Isabelle se mit face à la table sur laquelle elle coucha son buste. Elle ordonna à Marc de glisser lentement sa robe pour la remonter jusqu’à sa taille et, cambrant les reins, lui dit de verser du champagne dans le creux de son dos. Elle avait des fesses sublimes. Petites et rondes, parfaitement pommées. Du Champagne coula vers la raie, Marc s’empressa de le retenir avec la langue. Il insinua sa langue un peu plus profondément et atteignit ainsi la rondelle convoitée. Ce petit trou tout doux se dilata légèrement, véritable invitation. Quand Marc s’y enfonça, doucement, Isabelle tendit les mains pour retenir les hanches de Marc et les plaquer contre ses fesses. Ils jouirent tous deux très rapidement. Ils convinrent ensuite de se retrouver au même endroit une semaine avant le départ pour le Kenya. Pour chacun d’eux, cette décision constituait une exception à la règle qu’ils s’étaient fixée pour éviter une intrusion de leur vie secrète dans leur intimité conjugale respective. Marc et Isabelle quittèrent l’hôtel vers 16 heures, visiblement heureux de cette après-midi de rencontre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l’hôtel, Marc est connu du personnel qui a établi avec lui une complicité bienveillante. Le moment de payer la facture n’est jamais gênant. C’est justement le maître d’hôtel qui a indiqué récemment à Marc où trouver les services d’une hôtesse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marc est très excité. Ce jeudi soir, comme chaque semaine, Sophie se rend au sauna avec quelques amies. Marc a annoncé qu’il sortirait lui aussi. Un client à voir pour entretenir de bonnes relations. En réalité, il a commandé les services de Sibylle. Il a envoyé à l’agence un courriel décrivant parfaitement le cahier de charges, du prénom à la tenue vestimentaire. « Sibylle » sera grande, brune, mince, épilée avec soin, vêtue de cuissardes à talons aiguilles, d’un bustier en cuir rouge, de gants en satin couvrant les trois-quarts de ses bras et d’une mini jupe noire très moulante. Elle sera munie d’un martinet et sera une maîtresse femme décidée à être obéie aveuglément. Elle aura cette vulgarité que Marc ne supporte nulle part ailleurs. Marc a un peu peur, mais il est décidé. Payer les services d’une professionnelle est une expérience qu’il se réjouit de vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque Sophie quitte la jolie villa des hauteurs de Verviers, elle ne se sent pas vraiment blasée. Étonnamment, aujourd’hui elle appréhende sa mission avec un regain de joie et de curiosité. Peut-être est-ce le prénom dont elle est affublée pour l’occasion. Oui, elle pense que ça va lui plaire… Un sourire sibyllin anime son visage.
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<title>Pour vivre heureux vivons cachés</title>
<link>http://lavieenrose.blogspirit.com/archive/2006/03/14/pour-vivre-heureux-vivons-caches.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Caro La vie en rose)</author>
<category>Croqueur-croqueuse</category>
<pubDate>Tue, 14 Mar 2006 23:16:08 +0100</pubDate>
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J'en ai connu des tas comme elle. Grandes gueules en surface... Toutes petites à l'intérieur. Moi, elles me font craquer. Comme les hommes, d'ailleurs. J'aime deviner leurs fêlures. Y glisser subrepticement un doigt pour voir si ça saigne encore. Puis soigner la plaie, évidemment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, c'est pas tout ça. Je m'écarte du sujet. Elle donc, c'est une grande gueule qui tente de dissimuler une petite fille fragile. Je l'ai su tout de suite. Oh, ne pensez pas qu'elle n'était pas douée pour cacher son jeu ! Au contraire... C'est moi qui suis perspicace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès qu'elle est arrivée dans la société, j'ai été éblouie par sa beauté et son charisme. Un vrai canon ! Grande, mince, resplendissante, sûre d'elle, habillée chic et sexy, juste ce qu'il faut... Elle a serré chaque main d'une poigne ferme et chaleureuse, s'est présentée dans un large sourire et a suivi le boss dans son bureau. Tous les mecs avaient la langue pendue jusque par terre. Les commentaires goguenards, limite grossiers, cachaient mal leur admiration. La plupart des nanas étaient vertes de jalousie. Moi, je me marrais. Mais sûr, je la trouvais superbe !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle est donc entrée dans le bureau de Jean-Jacques et nous avons dû attendre près d'une heure pour savoir de quoi il retournait exactement. Elle allait être une des têtes de pont de la boîte de commu. Celle à qui s'adresseraient, dorénavant, les clients, les fournisseurs, les prestataires de services... Tous ceux qui de près ou de loin voudraient faire affaire avec la boîte et fourguer leur camelote. A elle le champagne et les chocolats à la fin de l'année, les restos chaque jour ou presque... Et elle occuperait, dès le lundi suivant, le bureau déserté par une Eva en larmes, trois semaines plus tôt. Elle avait même obtenu carte blanche pour le relooker à fond. Elle n'en abuserait pas, d'ailleurs. Elle allait garder les meubles et se contenter d'apporter quelques plantes vertes, une toile bariolée et des stores vénitiens pour occulter les larges baies vitrées qui séparaient le bureau du paysager.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avait consacré les premières semaines à mettre de l'ordre dans les dossiers abandonnés par Eva. Les factures du symposium organisé par Mc Neal le mois précédent avaient toutes été honorées. Le bal annuel des mille trois cent employés d'Eurospace était sur les rails et les derniers petits détails s'étaient réglés dans le salon VIP à l'Indian Lounge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne lui fallut pas un mois pour connaître tout le monde et savoir comment parler à chacun. Les quelques jeunes loups sûrs de leur charme et de leur supériorité étaient encore persuadés que tôt ou tard ils n'en feraient qu'une bouchée. Moi, je me marrais toujours. J'avais bien observé comment elle continuait de leur sourire, malgré leur suffisance. J'avais remarqué aussi comme le coin droit de sa bouche retenait le ricanement que leurs inepties suscitaient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec les femmes, elle se montre charmante. Qu'elles aient des responsabilités ou soient cantonnées dans des tâches d'exécution (comme moi). Qu'elles soient belles ou laides (comme moi). Grandes ou petites (comme moi). Intelligentes (parfois) ou naïves (non, pas comme moi !). Bref, avec toutes les femmes, elle se montre cordiale, attentionnée... Sans que cela ne sente la flatterie. Du grand art !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois par semaine environ, tous les dix jours au moins, son frère Pol vient la voir. Ils s'enferment dans le bureau et les langues se délient. Celles des femmes pour vanter la beauté de l'artiste peintre. Celles des hommes pour sous-entendre qu'il y a de l'inceste dans l'air. Du fantasme dans toutes les têtes. C'est vrai qu'il est beau, ce Pol. La cinquantaine élégante et sauvage à la fois. Un regard magnétique. Un torse large et fier. Des cheveux mi-longs noués en catogan. Moi seule sait exactement combien de temps ils restent dans le bureau. Entre midi et demi et quatorze heures, j'assure la permanence téléphonique. De mon &quot;desk&quot;, je vois Pol quitter le bureau. Il me salue toujours très sobrement, avant de lancer un dernier clin d'œil à sa sœur. C'est drôle le regard qu'elle a alors. Ce sont les seuls moments où j'y vois comme un brin de nostalgie. Ou des restes de volupté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mardi 14 février, Helene a quitté le bureau en serrant entre son flanc et sa petite mallette de cuir usé, un ours en peluche de couleur crème tenant un gros cœur rouge.
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<title>Fêlé</title>
<link>http://lavieenrose.blogspirit.com/archive/2006/02/21/fele.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Caro La vie en rose)</author>
<category>Croqueur-croqueuse</category>
<pubDate>Tue, 21 Feb 2006 21:59:19 +0100</pubDate>
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Fêlé, je le décrirais comme fêlé. Pas un foldingue, ni même un doux dingue. Non, tout simplement fêlé. De ses fêlures suinte une colère sourde, inexpliquée, sinon inexplicable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque je l'ai connu, il y a quelque vingt ans, il en avait dix-sept, moi seize. A l'époque, toute préoccupée de mon nombril, je n'avais pas remarqué cette colère. En fait, je le trouvais même enjoué, séducteur. Il l'est toujours d'ailleurs. Séducteur. J'aimais qu'il m'aime, qu'il me regarde intensément, comme s'il voulait m'absorber. Dans ses yeux gris vert, je me découvrais femme, alors que je n'étais qu'une gamine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'époque donc, je le décrivais comme nihiliste. Je n'avais pas détecté la colère. Je ne voyais que de la provocation. Lui se disait anarchiste. Moi je n'aimais pas cette anarchie érigée en règle, en système.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui, les fêlures sont plus profondes, plus apparentes. Ou alors, est-ce moi qui suis moins candide ? Elles suintent toujours de colère. Elles éloignent ses amis, sa famille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A présent je sais. Je connais l'explication, l'origine de ces fêlures, de ses fêlures. Il y a trente ans environ, un coup de feu les a gravées à jamais. En explosant la tête de son père, la balle a tracé les sillons de la colère. Depuis, ils suintent.
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<title>Madame Psypsy</title>
<link>http://lavieenrose.blogspirit.com/archive/2006/01/23/madame-psypsy.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Caro La vie en rose)</author>
<category>Croqueur-croqueuse</category>
<pubDate>Mon, 23 Jan 2006 22:25:25 +0100</pubDate>
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Elle est là, du vendredi au dimanche, le sourire accroché haut, le dynamisme en bandoulière. Sur son petit &quot;bureau&quot;, le plateau à piécettes côtoie les bonbons qu'elle offre en guise de douceur. On vient là pour se soulager, c'est une évidence. La vessie n'est pas la seule concernée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a cette dame charmante, entichée du préposé au parking. En quelques mots chaleureux, l'hôtesse des lieux explique qu'il n'est pas libre. Que de surcroît, sa légitime est adorable, elle aussi. Et d'encourager la belle à mettre les choses au clair, pour éviter que le cœur ne s'emballe avant de déraper.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a cette femme meurtrie, descendue tout expressément confier son bonheur tout neuf à l'oreille attentive. La vie vient de lui faire un cadeau sous la forme d'un homme fort, tendre et drôle. Elle se réjouit, l'accueillante, de voir les petits kilos du bonheur orner harmonieusement la frêle silhouette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a cette autre femme qui a rompu… Pour la énième fois. Le pourquoi, le quand et le comment s'amoncèlent aux côtés de la coupelle. Les mots d'encouragement accompagnent les douceurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a cet élégant octogénaire qui vient se confier en pleurant. Il l'aime tant, sa douce. Et il en souffre. &lt;em&gt;Vous ne lui direz rien ?&lt;/em&gt;, demandera-t-il en remontant dignement dans la salle où elle l'attend.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les bleus à l'âme s'étalent, s'écoulent dans le lavabo. Elle est là, les éponge, les absorbe. Qu'en fait-elle ensuite ? Qui donc s'en soucie, la vessie et l'âme désormais soulagées ? Elle est là, du vendredi au dimanche, les écoute, les fait rire. Mais elle, rit-elle ?
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<title>Cette fenêtre là</title>
<link>http://lavieenrose.blogspirit.com/archive/2006/01/23/cette-fenetre-la.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (Caro La vie en rose)</author>
<category>Croqueur-croqueuse</category>
<pubDate>Mon, 23 Jan 2006 22:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;em&gt;Cette fenêtre là est haute. Quand je me mets sur la pointe des pieds, mon menton se pose sur la tablette écaillée et mon regard peut plonger dans le jardin de mon grand-père, jonché des branches centenaires du noyer désormais débité. Plus tard, les rondins deviendront tables, tabourets. Pour l'heure, il est dévasté, le jardin dont mon grand-père prend un soin jaloux.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était un papy-conteur. Pour nous faire manger, il racontait des histoires de bachibouzouks enragés, de crocodiles menaçant de dévorer tout crus les enfants qui ne buvaient pas leur soupe. C'était aussi, parfois, un enfant devenu tellement petit à force d'inanition, que son père le prenant pour un clou avait tenté de l'enfoncer dans le mur à coups de marteau sur la tête. On redemandait toujours ces histoires qui nous faisaient à la fois rire et frémir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus tard, j'ai su que papy n'était pas seulement ce conteur affable. S'il faisait volontiers rêver les petites filles, ce misogyne ne pensait pas une femme capable de grandes choses. Je ne suis pas sûre qu'il eût entretenu et nourri mes rêves d'enfant pour que j'en fasse des réalités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Cette fenêtre là n'est ni particulièrement haute, ni précisément large. Dans les rêves, tout peut arriver. Ainsi, mon petit frère de trois ans s'y est hissé et a basculé. Tentant de le rattraper, ma sœur cadette est tombée à sa suite. Ensuite ma puînée. Ma mère et mon père aussi. Tous ont traversé le hublot de plexiglas et gisent à présent dans le frigo où le laitier du rez-de-chaussée entrepose lait, beurre et œufs. Je me réveille en hurlant de terreur.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mes parents ont eu quatre enfants. Cinq petites années me séparent de mon frère cadet. Deux fois par semaine, nous allions tous ensemble à la bibliothèque paroissiale. Le dimanche après-midi, l'appartement bruissait des pages tournées religieusement. Le soir venu, nous attendions le mercredi avec impatience afin de refaire le plein de lecture. Nous formions une famille d'ogres-lecteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Cette fenêtre là a deux battants et monte jusqu'au plafond. J'aperçois le saule pleureur et ses branches accueillantes. Quand je serai grande, je m'y installerai pour faire l'amour avec l'homme de ma vie. S'il se présente. Pour l'heure, je fais signe au petit merle recueilli de rejoindre sa mère qui l'appelle en-bas, dans le jardin.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le seuil de la maison de la Place Albert 1er était le lieu de ralliement des adolescents du quartier. Tous ou presque avaient qui une mobylette, qui une moto 50 CC, moteur deux ou quatre temps. Il m'arrivait d'emprunter un casque à l'un pour monter derrière l'autre et filer avec lui vers le lac de Genval. Il y avait là une petite cabane de pêcheur. Je ne sais comment Philippe parvenait à y entrer. Il obtenait tout ce qu'il voulait. C'était un garçon attrape-cœurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Cette fenêtre là s'ouvre à la manière d'un &quot;Velux&quot;. Elle dispense une lumière propice à la croissance des plantes tombantes que j'ai accrochées dans mes jolis macramés.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai partagé un temps la chambre de mon adolescence avec une amie. Ses parents avaient des difficultés avec elle et ma mère, une femme gentille et généreuse, avait accepté que Fabienne vive avec nous et reprenne ses études avec moi. Je ne pense pas avoir eu d'influence positive sur elle. J'aurais peut-être fait d'autres bêtises sans elle. Si elle était vénéneuse, sans conteste, Faby était une femme-fleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Cette fenêtre là est un véritable &quot;Velux&quot;. Elle offre une issue pour l'évasion de mon esprit quand les syllabi ne sont plus que succession de caractères typographiques sans signification.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cette petite ville de province, étudiants et profs se croisaient parfois, le soir, dans les cafés de la Grand-Place. Y naissaient alors de nouvelles relations où l'apprentissage portait sur bien d'autres choses que les relations internationales, la sociologie ou l'histoire de l'art. Les uns jouaient de leur prestige professionnel pour établir leur pouvoir, les autres usaient de leur jeunesse et de leurs charmes pour se donner l'illusion de puissance. Dans cette parade, nul n'aurait pu dire qui manipulait qui, tous étaient des séducteurs-joueurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Cette fenêtre là est aussi large que la salle à manger. Ma fille se tient debout sur la tablette, le nez et les menottes collés au carreau. En bas, le va et vient incessant des navetteurs, des fonctionnaires et des habitants du quartier accompagne les klaxons tonitruants. Plus tard, elle empruntera cette rue pour, de la Gare du Midi, partir où l'emmènera son envie. Pour l'heure, je la tiens fermement afin qu'elle ne bascule.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bruxelles trépignait alors dans ce quartier populaire. Jeune mère, je m'y fondais avec bonheur. Un homme, un bébé, un boulot, un toit, des amis… La vie sans questions, la vie sans douleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Cette fenêtre là s'ouvre grand sur la rue, les espoirs. Ce soir, derrière les tentures fermées, je guette le retour de l'homme qui m'a quittée.&lt;/em&gt;
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