14.03.2008

J'ai plongé...

... J'ai décidé de me lancer dans l'écriture de mon premier "roman"...

J'en ai le fil conducteur, les protagonistes, le cadre spatio-temporel...

A suivre :o)

08.11.2007

Madame

Madame, je vous rends votre mari
C'est sûr, il m'a fort bien servie
Mais c'est connu tout a une fin
Chez vous il revient dès demain

Peut-être le verrez vous changé
N'en soyez pas trop effrayée
De la chair il sait les plaisirs
Apprenez à le faire jouir

Le déniaiser certes fut aisé
Depuis, il ne pense qu'aux baisers
Que ma bouche humide et gourmande
Posait partout afin qu'il bande

Le lécher, le mordre, le sucer
M'ont procuré félicité
Et des caresses il est expert
De loin le meilleur des desserts

Madame, je vous rends votre mari
De grâce prenez bien soin de lui
J'ai adoré combler sa faim
Je vous laisse désormais ce soin

Au-delà des apparences

Marc et Sophie forment un très joli couple. Ils sont beaux, sympathiques, intelligents… On les apprécie beaucoup dans leur entourage professionnel et amical. Lui est cadre commercial, elle enseigne dans un lycée huppé. Histoire, français et religion. Marc a 35 ans, Sophie en a 32. Il a un corps d’athlète, elle est mince et d’apparence fragile. Ils n’ont pas d’enfants et n’y songent pas vraiment. De temps en temps, ils en parlent, mais aucun d’eux n’en ressent l’urgence biologique. Pour l’instant, leur vie leur va comme un gant. Ils ont acheté une jolie villa dans la banlieue cossue de Verviers et partent en vacances deux fois par an. La montagne pendant les congés de carnaval, un pays chaud en été. Ils ont déjà fait la Grèce, la Sicile, l’Espagne, Venise pour leur voyage de noces, la Sardaigne, le Maroc, la Tunisie. Dans deux mois, ils s’offriront quelque chose de plus original. Un Safari au Kenya ! Ils sont particulièrement excités et cela fait le principal sujet de conversation avec les amis qu’ils reçoivent aujourd’hui pour le premier barbecue de l’année.

Jérôme et Sylvie connaissent toutes les destinations lointaines. Aujourd’hui, ils se sont casés dans une situation confortable après des années d’exil comme coopérants. L’Inde, la Pakistan, le Brésil, le Mozambique… sont autant de souvenirs qu’ils partagent volontiers, mais sans réelle nostalgie.

Patricia et André n’ont jamais visité ces pays. De temps en temps, ils passent quelques jours à la mer, dans le studio de Jeannine, la mère de Patricia. Ils dorment sur le divan-lit et leurs jumeaux de 5 ans occupent les lits superposés qu’une cloison minuscule sépare du séjour. C’est tout ce que de maigres revenus leur permettent. André est au chômage depuis qu’il a été viré sans ménagement de la boîte dans laquelle bosse Marc. Sa tête ne revenait pas au responsable des ressources humaines. Allez savoir pourquoi. Il a reçu une bonne indemnité, mais la boîte d’outplacement dont il a eu les services pendant six mois n’a pas réussi à lui faire surmonter le choc de ce licenciement. Depuis, il gamberge beaucoup, pleure souvent et boit sans soif les bons vins que Marc propose. De son côté, Patricia, enseignante dans le même lycée que Sophie, semble garder le moral. Elle est toujours souriante et enjouée. À croire que la misère du monde est transparente à ses yeux. Son optimisme béat agace souvent les amis, mais personne ne s’est jamais risqué à briser ses illusions.

Ce soir l’ambiance est chaleureuse. On croirait déjà entendre battre le pouls de la savane africaine. Le rosé coule à flot. Même Sophie qui n’est pas trop portée sur le vin a descendu quelques verres. Elle est carrément pompette ce soir et ose d’étranges déclarations. Personne ne s’en offusque. Elle est plutôt rigolote. À l’heure de se quitter, on se dit que, décidément, ils ont bien de la chance, Marc et Sophie.

Une fois la vaisselle rangée dans le lave-vaisselle, les déchets promptement triés, les dents lavées et les yeux démaquillés, Sophie rejoint Marc dans la chambre. Elle a dans le regard une lueur lubrique que Marc ne lui connaît pas. Au pied du lit, sans quitter Marc des yeux, Sophie fait glisser les fines bretelles de sa robe blanche sur ses épaules. Puis, tirant doucement sur le bas de sa robe, elle la fait coulisser lentement, dénudant progressivement le buste, puis la taille, la chute des reins qu’elle laisse admirer se penchant légèrement et en tournant doucement sur elle-même. Ébahi, Marc réalise qu’elle ne porte pas de culotte ! Enfin nue, Sophie rampe sous la couette telle une chatte à l’affût d’une souris. Marc est particulièrement surpris quand il sent les mains de Sophie saisir l’élastique de son boxer et le descendre fermement le long de ses cuisses. Il l’est plus encore quand les deux mains se rejoignent pour former un doux cylindre autour de sa verge érigée. Sophie alterne petits coups de langue légers et passage d’une main douce en coupole sur le gland. Marc explose littéralement quand elle enfonce son sexe profondément dans sa gorge. Jamais jusque là Sophie n’avait pratiqué de fellation. Ce soir, sa gourmandise semble insatiable. Le rosé a des effets inattendus que Marc se promet de réutiliser.

La seule fois où Marc avait tenté d’obtenir cette faveur en dirigeant la tête de Sophie vers son pénis, Sophie s’était brutalement écartée et complètement raidie. Ce soir là, ils n’avaient pas fait l’amour. Sophie avait éteint la lumière en baillant bruyamment et Marc était allé se branler dans la salle de bain dès qu’elle s’était endormie. Ils n’avaient jamais parlé de cet épisode et Marc en avait définitivement conclu que cette pratique était prohibée au sein de leur couple. Celle-là et bien d’autres qui nourrissaient ses fantasmes.

Marc aime énormément Sophie. Il partage avec elle le goût des longues conversations entre amis, le plaisir des soirées ciné ou resto… De temps en temps, ils font l’amour, sagement, sans grande passion. C’est toujours lui qui prend l’initiative et Sophie ne se refuse qu’exceptionnellement. Leurs rapports sont harmonieux et satisfaisants. Du moins, jamais ni l’un ni l’autre n’a laissé entendre qu’il souhaiterait introduire un peu de fantaisie dans leur relation.

Pourtant, Marc a des désirs précis et impérieux. Comme il ne se sent pas le droit de demander à Sophie de les satisfaire, de peur qu’elle ne le prenne pour un gros dégueulasse, il hante les sites web qui offrent photos érotiques ou pornographiques et possibilités de rencontres. Un site lui plaît particulièrement. Sur www.fantasmons-nous.org, il peut à loisir draguer des femmes qui sont là pour ça. La plupart des échanges sont virtuels, mais parfois ils débouchent sur de véritables rendez-vous. Dans ces moments-là, Marc n’est jamais déçu. Il fait toujours précéder les rencontres de longs messages destinés à la découverte mutuelle et ne poursuit que les échanges qui allient recherche du plaisir sensuel et joutes intellectuelles. Marc élimine très vite celles qui confondent le site avec un trottoir où tapiner en dilettantes. Il repère vite les femmes qui cherchent réellement à assouvir des fantasmes. Il est d’ailleurs parfaitement prêt à les satisfaire.

Quand le désir est bien là, que toutes les promesses ont été faites, vient l’instant du rendez-vous. Marc a pris ses habitudes dans un petit hôtel discret, à quelques kilomètres de l’autoroute Liège – Maastricht. De temps à autres, prétextant un rendez-vous professionnel, il s’absente pour une après-midi entière. Galant, il invite toujours la belle à manger. Qu’elle soit belle ou non, d’ailleurs. Blonde ou brune, petite ou grande, ronde ou mince, jeune ou vieille… Peu lui importe. Dans ces rencontres, il privilégie absolument la confrontation des fantasmes. Parfois c’est sa complice qui donne le ton, parfois c’est lui. Jamais un scénario n’a ressemblé au précédent. Une seule fois, il a choisi de revoir sa partenaire occasionnelle.

Isabelle, une blonde diaphane jeune et très classe, était arrivée avant lui sur l’aire d’autoroute où le rendez-vous avait été fixé. Elle portait une robe noire fluide avec de fines bretelles soulignant des épaules parfaites. Des sandales noires à fines lanières de cuir et de satin formaient un magnifique écrin pour ses petits pieds charmants que Marc eut immédiatement envie de lécher et suçoter, orteil par orteil. Le regard vert d’Isabelle était tout proprement captivant. Elle semblait aller puiser directement dans celui de Marc ses pensées les plus intimes. Pour la première fois, Marc rougit. Quand il se pencha pour lui faire la bise, elle eut un petit mouvement de la tête qui dégagea sa nuque où Marc posa ses lèvres. Il sentit immédiatement qu’elle tiendrait les rennes avec une douce fermeté. Quand ils arrivèrent à l’hôtel et qu’il lui ouvrit la portière, Marc faillit s’évanouir quand Isabelle posa le pied droit sur le trottoir. Il venait d’apercevoir distinctement son minou nu, qu’une toison blonde décorait d’un trait parfaitement maîtrisé. Le regard d’Isabelle indiquait clairement que rien n’était dû au hasard. Elle jubilait de l’effet produit.

Au restaurant, Marc s’étonna de voir avec quel appétit Isabelle mangeait chaque mets. Le mélange de délicatesse et de gourmandise augurait des délices à venir. Marc fit des efforts surhumains pour freiner son impatience. Heureusement, la conversation d’Isabelle était enjouée et agréable. Elle parlait du quotidien dans la petite maison d’édition qui l’employait avec beaucoup d’humour et un soupçon d’allusions coquines. Cette nana-là, c’était de la bombe sous des dehors de demoiselle sage, comme il faut.

Dans la chambre 7, la préférée de Marc, Isabelle alla s’asseoir dans le petit fauteuil tendu de soie sauvage. En relevant légèrement le bas de sa robe pour dégager ses très jolis genoux, elle demanda que Marc fasse apporter du Champagne. Quand la bouteille arriva, Isabelle se mit face à la table sur laquelle elle coucha son buste. Elle ordonna à Marc de glisser lentement sa robe pour la remonter jusqu’à sa taille et, cambrant les reins, lui dit de verser du champagne dans le creux de son dos. Elle avait des fesses sublimes. Petites et rondes, parfaitement pommées. Du Champagne coula vers la raie, Marc s’empressa de le retenir avec la langue. Il insinua sa langue un peu plus profondément et atteignit ainsi la rondelle convoitée. Ce petit trou tout doux se dilata légèrement, véritable invitation. Quand Marc s’y enfonça, doucement, Isabelle tendit les mains pour retenir les hanches de Marc et les plaquer contre ses fesses. Ils jouirent tous deux très rapidement. Ils convinrent ensuite de se retrouver au même endroit une semaine avant le départ pour le Kenya. Pour chacun d’eux, cette décision constituait une exception à la règle qu’ils s’étaient fixée pour éviter une intrusion de leur vie secrète dans leur intimité conjugale respective. Marc et Isabelle quittèrent l’hôtel vers 16 heures, visiblement heureux de cette après-midi de rencontre.

À l’hôtel, Marc est connu du personnel qui a établi avec lui une complicité bienveillante. Le moment de payer la facture n’est jamais gênant. C’est justement le maître d’hôtel qui a indiqué récemment à Marc où trouver les services d’une hôtesse.

Marc est très excité. Ce jeudi soir, comme chaque semaine, Sophie se rend au sauna avec quelques amies. Marc a annoncé qu’il sortirait lui aussi. Un client à voir pour entretenir de bonnes relations. En réalité, il a commandé les services de Sibylle. Il a envoyé à l’agence un courriel décrivant parfaitement le cahier de charges, du prénom à la tenue vestimentaire. « Sibylle » sera grande, brune, mince, épilée avec soin, vêtue de cuissardes à talons aiguilles, d’un bustier en cuir rouge, de gants en satin couvrant les trois-quarts de ses bras et d’une mini jupe noire très moulante. Elle sera munie d’un martinet et sera une maîtresse femme décidée à être obéie aveuglément. Elle aura cette vulgarité que Marc ne supporte nulle part ailleurs. Marc a un peu peur, mais il est décidé. Payer les services d’une professionnelle est une expérience qu’il se réjouit de vivre.

Lorsque Sophie quitte la jolie villa des hauteurs de Verviers, elle ne se sent pas vraiment blasée. Étonnamment, aujourd’hui elle appréhende sa mission avec un regain de joie et de curiosité. Peut-être est-ce le prénom dont elle est affublée pour l’occasion. Oui, elle pense que ça va lui plaire… Un sourire sibyllin anime son visage.